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Miyajima Tatsuo



Les œuvres et l'exposition

Time Neo, 1996
Six éléments montrant les chiffres 1 à 9 en néon fixés sur une plaque d'acrylique translucide de 165 x 76 cm. Les chiffres clignotent de facon régulière; chaque élément ayant son propre rythme.
Production: Centre international d'art contemporain de Montréal, 1996
Collection de l'artiste et du CIAC

Six chiffres en néon sont posés au sol, appuyés sur une face différente de chacun des piliers. Les six chiffres s'allument à des vitesses différentes.

L'œuvre est conçue de façon à ce qu'il soit impossible de voir tous les chiffres d'un même coup d'œil. Voir l'ensemble nécessite que nous fassions appel à notre imagination. Le principe est emprunté au jardin Zen, où une pierre en obstrue toujours une autre, peu importe notre emplacement.

Chemin Mille, 1991
Diodes émettrices de lumière, circuit intégre, fil électrique, panneau d'aluminium, panneaux en bois,
11,0 x 26,0 x 3,5 cm: chaque unité.
Collection du Musée des beaux-arts du Canada

Cette œuvre fait partie de la Série 133651, débutée en 1990. Le chiffre 133651 est la somme de combinaisons possibles dans un agencement de 10 gadgets, ce qui équivaut à une unité. Parmi les 133651 possibilités, celles qui sont un multiple de 7 sont vertes, les autres sont rouges. Ceci se visualise très bien dans Chemin mille où une unité verte apparaît à toutes les septièmes lignes (*133651 divisé par 7 = 19093 possibilités de lignes vertes).

Dans une pièce obscure, cent unités de mille compteurs sont classées par numéro de série, et sont disposées au sol en deux rangées parallèles qui forment un chemin lumineux. Les rangées vertes sont distribuées régulièrement parmi les rouges, avec un léger décalage dans l'alignement des deux sentiers qui, côte à côte, dessinent le chemin incandescent.

Le spectacteur se sent désincarné, tant en raison de la privation sensorielle provoquée par la salle obscure que de l'immatérialité des chiffres qui scintillent. Dans le noir, toute structure physique qui pourrait expliquer la logique ou le dessein du chemin se trouve invisible; les compteurs amènent le spectateur à un état de contemplation à la fois conceptuel et sensuel.

Dessin pour «Chemin mille», 1991
Mine de plomb, photocopies, carton en gris et en beige sur papier vélin,
68,0x 170,0cm.
Collection du Musée des beaux-arts du Canada.

Counter Voice In the Air, 1995
Vidéo VHS, 15 mi., couleur.
Miyajima Tatsuo, suspendu dans le vide, dit, en s'agitant, à voix haute, les chiffres 9 à 1 à des vitesses différentes. Au moment du zéro, Miyajima Tatsuo se tait et devient immobile.
Production: Galerie Koyanagi, Tokyo.

Counter Voice in the Water, 1996
Vidéo VHS, 15 mi., couleur.
Miyajima Tatsuo dit à haute voix les chiffres 9 à 1 à des vitesses différentes. Au moment de dire zéro, il se tait et plonge la tête dans un bol d'eau.
Production: Galerie Koyanagi, Tokyo

Counter Voice in NET, 1996
Miyajima Tatsuo vous invite sur son site. Pour que ce projet prenne tout son sens, des gens de tous milieux et de toutes langues doivent y collaborer. Vous pouvez soumettre votre participation au projet.

Le temps - le mouvement
Les principes directeurs de l'œuvre de Miyajima Tatsuo reposent sur trois concepts humanistes empruntés à la philosophie bouddhiste:
- changer toujours (l'évolution)
- connecter avec tout (la communication)
- continuer à jamais (la continuité)

Ses installations sont une réflexion sur le concept du temps, sur ce qu'il appelle le «vrai temps réel», soit la combinaison du «temps imaginaire» et du temps «réel». Le «temps imaginaire» est celui tissé par notre mémoire, nos émotions, notre monde intérieur; le «temps réel» est celui de la science, des horloges.

En plaçant ses pièces dans l'obscurité, ou en les disposant de façon à rendre impossible la vision de leur totalité d'un seul point de vue, Miyajima Tatsuo répudie l'œil physique. L'espace est sans point de repère, puisque les nombres semblent avoir une vie propre, sans forme ou structure discernable; il est davantage un regard au-delà du corps physique. Ainsi, après avoir répertorié tout ce qu'il y a à voir, notre attention s'attarde aux rythmes, aux répétitions, aux durées et à l'écoulement du temps. Ceci conduit inévitablement à une méditation sur la nature et le caractère du temps, comme à des interrogations concernant la cosmologie (l'univers, sa formation et son évolution). Miyajima Tatsuo dirige notre attention sur le point de rencontre entre l'invisible et le visible; il nous oriente vers une réalité qui est perçue davantage par notre intuition que par notre raison.

Miyajima Tatsuo choisit d'utiliser des chiffres arabes, comme il adopte la technologie contemporaine: pour leur capacité à transcender les différences culturelles et à renforcer l'accessibilité et l'immédiateté de ses installations. Ainsi, l'utilisation des DEL (diode émettrice de lumière) contribue au sentiment de proximité et d'universalité de ses œuvres. Et contrairement à la peinture, la sculpture ou le dessin, étroitement liés à des traditions ou contextes historiques, les DEL sont libres de toute trace de spécificité culturelle.


*(Cette fiche accompagne l'exposition MIYAJIMA Tatsuo, présentée du 5 décembre 1996 au 26 janvier 1997, au ClAC-Centre international d'art contemporain de Montréal.)

Nous remercions la Fondation du Japon, le Consulat général du Japon à Montréal, le Conseil des Arts du Canada/le Fonds Japon-Canada, le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal, le Musée des beaux-arts du Canada, la galerie Koyanagi, l'Université du Québec à Montréal, Claude Néon, ainsi que tous les Associés du CIAC.

Recherche: Guy Giard. Sources des citations: Tatsuo Miyajima, Chemin mille, Musée des beaux-arts du Canada, dépliant bilingue, 1996; Tatsuo Miyajima, Kunsthalle Zurich, Oktagon Verlag, Munchën & Stuttgart, 1993; Tatsuo Miyajima, Berliner Kunstlerprogramm des DAAD et Museum Het Kruyithuis, Den Bosch 1991; Haus, Mary, Dreaming by Numbers, in Artnews, vol. 90, no. 9, novembre 1991, pp 79-80.

 

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