Sound edition: Paule Mackrous

kkkkk

Rhythm Scientists:

Aaron Angello, Woody Atwood, Lauren Carter, Amber Cobb, Adan de la Garza, Kelly Donovan, Scott Gallagher, Andrew Haley, Max Heepke, Marsha Hovey, Paule Mackrous, Megan Milan, Adam Milner, Lindsay Pichaske, Kaitlyn Sheehan, Benjamin Thevenin, Kari Treadwell

Photos : Kari Treadwell & Adam Milner

Flier : Adam Milner

 

œuvre 5

by Mark Amerika

suivi de la version française "remix" par Paule Mackrous

 

With the advent of the Internet and what
I have previously dubbed Source Material Everywhere
we can now alchemically transform Whitehead's
"concrescence of prehensions"
into what I have previously referred to
(in 1996 in relation to something that had no name
but that soon materialized into net art)
as the practice of surf-sample-manipulate
where the nomadic net artist circulating
in the networked space of flows
begins sampling sounds as any DJ / VJ would

but instead of using vinyl or iPods or mix tapes
or any of the advanced image manipulation software programs
that facilitate the postproduction sets of
hyperimprovisational live A/V [audio-visual] artists

they are now scouring the net
for websites that deliver interactive sounds
remixing them in a live performance setting
as part of a new breed of remixologist
we might now call a Webspinna
(to borrow a term from Trace Reddell)

The DJ's "cut and paste as you go"
open source lifestyle practice
now becomes experienced in a live
Webspinna postproduction set
where the self-conscious remixologist
begins intersubjectively jamming with the Network
as a way to engage with or otherwise manipulate
the Source Material Everywhere

The Network is many things to the Webspinna:

Archive, Medium, Default Co-Conspirator

i.e. one significant player among many
although absolutely loaded with potential meaning
(and one that produces a kind of ongoing
bandwidth co-dependency and the secret hope
that nothing crashes during the live gig)

At the University of Colorado at Boulder
I teach a seminar on Remix Culture
where the students are required to read Debord
as well as arch-appropriationist Kathy Acker
literary cut-up inventor William Burroughs
post-photography philosopher of
the networked image Vilém Flusser
and Paul Miller's Rhythm Science where we undertake
the difficult task of innovating our own rhythmanalysis of
what it means to be both of one's time and ahead of one's time
while caught in the heat of perpetual postproduction
After digging in deep and remixing Gertrude Stein
Raymond Queneau Jorge Luis Borges and various
other writers and net artists

the students eventually prepare for their first live sound remix

and this is where the Webspinna project
becomes the focus of everyone's attention

At the March 19, 2010 Webspinna performance
seventeen students from
a variety of disciplinary backgrounds
all jammed with the sound of the Internet
and together postproduced a 110 minute
audio assemblage that at times sounded like
an underground pirate  radio station gone wild
and other times a subtle discourse on the call of the wild
whether it be reflected in the moan of a moose
in its natural habitat

or the crack of a whip from a disembodied S&M video

(If the species remixologist
is about anything at all
it's about finding inner wildness
i.e. using the creative process itself
to attract more intense aesthetic experiences)

The beauty of the performance as a durational achievement
composed of multiple postproduction sets conducted
by emergent remixologists
was captured in the way the Total Gig Environment
became what Umberto Eco once termed an OPEN WORK

***

Version Française "remix" par Paule Mackrous

Internet et les technologies du virtuel
nous permettent aisément de nous dédoubler
parce que nous dédoublons ce que nous appelons des « matériaux »
virtuels autant dans leur potentialité que dans leur malléabilité
Ne sommes-nous pas tous les alchimistes
de ce que Whitehead appelle la « concrescence des préhensions »?
Mark Amerika a transformé celle-ci
 (en 1996, en relation avec quelque chose qui n’avait pas de nom mais que l’on appelle aujourd’hui Net art)
en une pratique du « naviguer-sampler-manipuler »
Une pratique pour laquelle le net artiste est nomade
Il circule dans/avec le flux de l’Internet
Lorsqu’il commence à sampler les sons comme un DJ/Vj le ferait

Mais au lieu d’utiliser les vinyles, les ipods, les compilations
ou des logiciels de manipulation de l’image
facilitant le processus de l’hyperimprovisation
pratiquée par les artistes audio-visuels de la « postproduction »

ils scrutent le Net
afin de trouver des sites Web proposant des sons interactifs
les remixant dans le cadre d’une performance live
participant ainsi d’une nouvelle race de remixologiste
que nous appelons ici le Webspinna
(empruntant le terme à Trace Reddell)

Un style de vie « source libre »
celui du copier coller en temps réel du DJ
devient maintenant l’expérience « postproduction »
du webspinna
pour laquelle le remixologiste alerte
mixe les matériaux intersubjectifs du net
afin de s’y engager pleinement

L’Internet représente beaucoup de choses pour le Webspinna

archives, médium, co-conspirateur par défaut

Un joueur significatif parmi tant d’autres
rempli de potentialités sémiotiques
(le webspinna produit une sorte de bande passante continue et co-dépendante qui s’arrime avec l’espoir secret que rien ne va planter durant la performance)

À l’université du Colorado à Boulder
Je participe à un séminaire de Remix Culture
Où les étudiants doivent lire Debord
l ’appropriationiste Kathy Acker
l’inventeur de la méthode « cut-up » William Burroughs
le philosophe de la post-photographie et de l’image médiatique Vilèm Flusser
ainsi que Rythm Science de Paul Miller, où nous entreprenons la tâche ardue
de créer notre propre analyse rythmique
Qu'est-ce que cela signifie d’appartenir à une temporalité et de se situer devant celle-ci
alors que nous vivons l’expérience d’une postproduction perpétuelle?

Après avoir remixé Gertrude Stein, Raymond Queneau, Jorge Luis Borges et plusieurs autres écrivains et Net artistes

nous avons préparé notre première performance de remix sonore

Et voilà comment le projet Wespinna
est devenu le centre de l’attention de tout le monde

Le 19 mars, 2010, a eu lieu la performance Webspinna
17 étudiants d’une variété de disciplines artistiques
avons improvisé avec le son d’Internet
Ensemble, nous avons  créé un assemblage audio de 110 minutes
dont le son ressemble parfois à une station de radio pirate devenue sauvage
autre fois au discours subtil d’un appel à la sauvagerie
que cet appel se reflète dans le gémissement d’une souris
ou dans le bruit d’une vidéo S&M

(Faire partie de l’espèce remixologiste
c’est trouver sa propre sauvagerie intérieure
par exemple, en utilisant le processus créatif lui-même
pour générer des expériences esthétiques plus intense pour soi-même)

La beauté de la performance
composée d’une multitude de postproductions créés par les remixologistes émergents
a été captée de sorte que l’environnement global de la performance
devienne ce qu’Umberto Eco a un jour appelé une ŒUVRE OUVERTE.


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